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Quelques autres éléments de sainteté

publié dans paroisse saint michel le 25 mars 2012


Premier dimanche de la Passion.

Nous poursuivons, MBCF, comme nous le faisons depuis le début du Carême, notre petite enquête sur la sainteté, cet état qu’aime l’Eglise. Quel est sur ce sujet l’enseignement que l’Eglise nous propose dans les textes de sa quatrième semaine de Carême ?

Les lectures de la quatrième semaine de Carême nous racontent d’abord dans l’Evangile du dimanche, le récit de la multiplication des pains. Cinq pains d’orge, deux petits poissons…Voilà tout ce qu’il y avait dans ce désert pour nourrir une foule de 5000 hommes sans compter les femmes et les enfants. Jésus fit asseoir tout ce monde. Il y avait justement à cet endroit beaucoup d’herbes. Nous devions être prês d’un oasis. « Jésus prit alors les pains et ayant rendu grâces, il les distribua à ceux qui étaient assis ; il leur donna de même des poissons autant qu’ils en voulaient ». Ce miracle me confirme, si besoin est, la divinité de NSJC. J’en conclus qu’il n’y a pas de sainteté sans la foi en la divinité de NSJC. Je dois donc la cultiver, la nourrir, y consacrer mes réflexions, mon esprit, moi, tout comme vous. Il faut nourrir sa foi. « Je crois Seigneur, mais augmentez ma foi ». Et ce miracle que je confesse dans sa vérité, me sert chaque dimanche pour croire au miracle de la transsubstantiation qui s’opère à l’autel alors que le prêtre prononce in persona Christi les paroles de la consécration. Il est le Tout Puissant. Il a créé toutes choses. Il a multiplié les pains. Il confessa, le Jeudi Saint, ces paroles « Ceci est mon Corps », « cCci est mon Sang ». Je le crois et j’adore. Sans la foi en ce miracle si étonnant de l’Eucharistie, nulle sainteté possible. Sans l’adoration de l’Eucharistie, nulle sainteté, non plus.

Dans l’Epître du lundi de la quatrième semaine de Carême, je lis le récit du jugement de Salomon concernant les deux femmes qui se chamaillent un enfant. « Il est à moi. Non ! Il est à moi. Tu me l’as pris dans mon berceau alors que ton fils était mort dans le tien ». Comment juger ? Salomon se fit apporter une épée et demanda qu’on tranchât l’enfant en deux et que l’on en donnât une partie à l’une et une autre partie à l’autre. La vraie mère, celle qui avait des entrailles de mère, poussa des cris et demanda à Salomon qu’il veuille bien épargner son enfant et pour cela qu’il le donne à l’autre femme. Qu’il ait la vie sauve, était son seul souhait. Parole de mère. « Car ses entrailles furent émues pour son fils ». C’était bien elle, la vraie mère. Et non point l’autre. Et le peuple fut admiratif de la sagesse de Salomon. La sagesse, avoir et développer en soi un bon jugement est donc pour chacun d’entre nous un élément constitutif de la sainteté. Et quant à ses mères sans entrailles qui préfèrent faire « exécuter » leur enfant, pourtant le fruit de leurs entrailles, qu’elles sachent que le jugement de Dieu est sur elle.
Sagesse, avoir bon jugement, foi, adoration : voilà des éléments constitutifs de sainteté
L’évangile du lundi de la quatrième semaine de Carême me rappelle la scène où l’on voit NSJC chasser les vendeurs du Temple, l’œil en feu. Voyant cela, les disciples se souvinrent qu’il est écrit : « Le zèle de votre maison me dévore ». Les Juifs sont furieux et lui demandent un signe pour justifier un tel comportement, unique. Et pour signe, Jésus ne leur donne rien d’autre que sa Passion à venir : « Détruisez ce temple et en trois jours je le rétablirai ». Ils se gaussent. « Il a fallu quarante six ans pour le bâtir et vous le rétablirez en trois jours ». Mais lui parlait du temple de son corps. Ses disciples comprirent cette parole seulement après sa résurrection. « Après donc qu’il fut ressuscité d’entre les morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole que Jésus avait dite ». Oh belle conclusion de saint Jean. Il n’y a pas de sainteté possible sans la foi en la parole de Dieu. : « Ils crurent à l’Ecriture et à la parole que Jésus avait dite ». Car, à la différence des Pharisiens, ils surent que cette doctrine n’était pas de lui mais de celui qui l’a envoyé « Je ne parle pas de moi-même » Ils comprirent ces paroles de Jésus ; « Je ne suis pas venu de moi-même ; mais celui qui m’a envoyé est véritable et vous ne le connaissez pas. Moi je le connais parce que je viens de lui et que c’est lui qui m’a envoyé ». Ces dernières paroles furent la cause de sa mort. Du reste, saint Jean nous dit qu’après ces paroles : « Ils cherchaient à l’arrêter et personne ne mit la main sur lui parce que son heure n’était pas encore venue. Mais, parmi la foule, beaucoup crurent en lui ». Ainsi pour gagner la sainteté, il est nécessaire de croire que Jésus vient de Dieu, qu’il est né de Dieu, lumière née de la lumière. Je viens de Dieu et je retourne à Dieu. « Seigneur, je croix mais augmentez ma foi ».

Le mardi, nous voilà de nouveau avec Moïse au désert. Il vient de recevoir les lois du Seigneur. En son absence, le peuple hébreu s’est édifié des idoles et les adorent : « Ils se sont faits des idoles de fonte et ils les ont adorés » immolant des victimes en sacrifice. Devant ce péché majeur du peuple, Dieu s’enflamme de fureur, il veut les exterminer…Alors Moïse tombe en prière. Merveilleuse prière faite de suppliques et d’argumentations : « Seigneur pourquoi votre fureur s’allume-t-elle contre votre peuple, que vous avez fait sortir de l’Egypte avec une grande force et une main puissante ? Ne permettez pas, je vous prie, que les Egyptiens disent : il les a tirés d’Egypte avec ruse pour les tuer sur les montagnes et pour les exterminer de la terre. Que votre colère s’apaise et laissez-vous fléchir pour pardonner à l’iniquité de votre peuple. Souvenez-vous d’Abraham, d’Isaac et d’Israël vos serviteurs, auxquels vous avez juré par vous-même en disant : je multiplierai votre race comme les étoiles du ciel et je donnerai à votre postérité toute cette terre dont je vous ai parlé, et vous la posséderez pour jamais. Alors le Seigneur s’apaisa et il résolut de ne pas faire à son peuple le mal qu’il lui voulait faire ». Oh belle prière qui obtint gain de cause…et le bras du Seigneur ne tomba pas sur le peuple. Dieu lui pardonna. Belle prière qui sera aussi celle de NSJC, le Vendredi Saint : « Père pardonne leur, ils ne savent ce qu’ils font ». Je comprends aussi qu’il ne peut y avoir de sainteté sans la prière, une prière intelligente. Qui prie, se sauve. Qui ne prie pas se damne, disent les saints.
L’Evangile du mercredi me raconte le beau miracle de l’aveugle né. Pour moi, le plus beau récit de l’Evangile. Vous connaissez, je pense, ce récit. J’en retiendrai pour vous la conclusion. : « Crois-tu au Fils de Dieu ? Il lui répondit et dit : qui est-il Seigneur, afin que je crois en lui ? Et Jésus lui dit : tu l’as vu et celui qui te parle, c’est lui. Il répondit : je crois Seigneur. Et se prosternant, il l’adora ».
Foi. Divinité de NSJC, adoration : voilà trois dispositions nécessaire à toute sainteté.
L’Evangile du jeudi me raconte le récit de la résurrection par Jésus de l’enfant unique de la veuve, sortant à la porte de Naïm. Nul dialogue avec la mère. Il sait seulement qu’elle est veuve et que cet enfant qu’on conduit au tombeau est son unique. C’est donc seulement mu de compassion que Jésus fit arrêter ce cortège funèbre, qu’il ressuscita l’enfant et le remit à sa mère. Ici, en ce miracle, ce n’est pas la foi qui est mise en avant comme dans beaucoup d’autres miracles…C’est seulement la compassion du Seigneur…Cette compassion est au cœur de la Bonne Nouvelle de l’Evangile. Et c’est cette même compassion qui fit remonter Jésus et ses disciples près de Jérusalem, à Béthanie, la petite ville où habitaient ses amis Lazare, Marthe et Marie Madeleine. C’est par compassion qu’il ressuscita Lazare, son ami : « Lazare sors ». Cette compassion du Seigneur ne s’est pas manifestée une fois. Mais cent fois. Mais mille fois. Cette compassion est la disposition foncière de mon Maître. J’y crois. Je dois y croire pour être saint. Et c’est cette même compassion qui est l’objet de l’épître du samedi de la quatrième semaine de Carême. : « Une femme peut-elle oublier son enfant et n’avoir pas pitié du fils de ses entrailles ? Mais quand elle l’oublierait, moi je ne t’oublierai pas, dit le Seigneur tout puissant ».

Après cette rapide investigation en ces quatre semaines de Carême sur la sainteté, voici le bouquet que je me permets de vous offrir. La sainteté consiste en l’amour de la Sainte Ecriture, en l’amour de Dieu et au respect de la loi des 10 commandements, au respect du sanctuaire de Dieu,; en l’amour du mystère de NSJC, en l’amour de sa divinité, de sa filiation divine, vrai Fils de Dieu, ce qu’il confessa lui-même ; en l’amour de l’œuvre des œuvres de Dieu, à savoir en l’amour du mystère de la Rédemption, qui était son heure ; en l’amour de la liturgie divine ; en l’amour de la compassion du Seigneur pour toutes souffrances ; en l’amour de la charité de Dieu, mais aussi et surtout en l’amour du prochain. Pour vivre éternellement, croyez que NSJC est le « principe » de vie, Il donna la vie au fils unique de la veuve, il donna la vie à Lazare, mort depuis déjà quatre jours ; qu’il est tout, qu’il est unique, qu’il est Tout Puissant ; qu’il nous a donné l’Eucharistie pour la nourriture de nos âmes. Amen.

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