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À Paris aussi, les églises menacent ruine

publié dans flash infos le 30 octobre 2013


À Paris aussi, les églises menacent ruine

 

 Le 29 octobre 2013
de Gabrielle Cluzel
Ecrivain, journaliste sur Boulevard Voltaire

Les modestes églises de village ne sont pas les seules à être menacées. Les églises parisiennes le sont aussi. Impossible, pourtant, d’invoquer une quelconque « désaffection » : au-delà de leur vocation spirituelle, elles attirent en flot continu, par les trésors artistiques qu’elles renferment, les 73 millions de touristes qui arpentent chaque année la capitale.

Deux associations de défense du patrimoine, l’OPR (Observatoire du patrimoine religieux) et SOS Paris, viennent d’interpeller les deux candidates à la mairie, restées jusqu’ici d’une discrétion de violette sur le sujet. Il y a pour ces deux associations « état d’urgence », ces 85 églises étant la propriété de la ville.

Elles évoquent un « Plan églises » qui fut proposé au Conseil de Paris dans les années 1990, prévoyant un milliard de francs sur dix ans et qui ne fut jamais mis en œuvre. Elles dénoncent une diminution de 27 % en dix ans du budget alloué à ces bâtiments, alors que le budget de Paris a augmenté parallèlement de 59 %. Elles rappellent que les dépenses de la ville de Paris pour son patrimoine religieux, depuis 2005, se sont élevées à 74 millions d’euros, contre 85 millions d’euros pour la Gaîté Lyrique ou encore 110 millions pour le nouveau stade Jean-Bouin.

Le cercle vicieux est le même à Paris que dans le reste de la France : plus on tarde et plus les églises se dégradent, rendant le coût de la restauration astronomique. Et à quoi bon 700.000 euros pour un échafaudage visant à protéger la toiture de Saint-Philippe-du-Roule, comme celui qui est en place actuellement, si l’on ne prévoit pas de travaux de toiture ? Des travaux qui ne seraient pourtant pas superflus : en 2011, dans un article du Figaro intitulé « Les églises parisiennes dans un état inquiétant »,  on pouvait lire qu’à chaque grosse averse, il pleuvait dans l’église. On y découvrait aussi que non loin, à la Madeleine, des infiltrations endommageaient les fresques, et des filets étaient posés sur les corniches pour empêcher les chutes de pierres. Ou qu’encore à côté, à Saint-Augustin, des sculptures étaient rongées, des vitraux cassés et que des toiles avaient été déposées par précaution… Danièle Pourtaud, l’adjointe au maire chargée du patrimoine, reconnaissait même que les pierres étaient un peu partout rongées par la mérule.

Au point que certains ne peuvent s’empêcher de voir là une destruction insidieusement programmée : on attend bras croisés que tout se lézarde, comme un cancer que l’on laisserait traîner, pour ensuite, quand le patient est en phase terminale, hausser avec fatalisme les épaules : que voulez-vous que l’on y fasse ? On ne peut pas non plus faire de miracle.

Notez que si Anne Hidalgo s’appuie sur le nouveau membre de son équipe de campagne, Ian Brossat, chef de file communiste à Paris, une solution devrait être rapidement trouvée. Bulldozer pour tous ? Celui-ci vient froidement de suggérer de « remplacer » le Sacré-Cœur de Montmartre, ce symbole de « l’instauration d’un nouvel ordre moral » qui le défrise, par un « espace de solidarité ».

Les deux millions de touristes et de pèlerins qu’attire le Sacré-Cœur et qui font vivre le XVIIIe vont sûrement être séduits.

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