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Quelques vertus chrétiennes

publié dans paroisse saint michel le 22 juin 2013


5ème dimanche après la Pentecôte

Quelques vertus chrétiennes

Dans  l’Epître  et dans l’Evangile de ce dimanche, nous avons, MBCF,  une succession de conseils. Dans l’Epître, saint Pierre nous dit : « Soyez unis dans la prière, compatissants, vous aimants comme des frères, miséricordieux, doux et humbles » Ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’injure pour l’injure »…Pas facile. Dans l’Evangile, nous retrouvons les mêmes conseils. Notre Seigneur nous dit : Vous avez appris ceci, cela…et moi je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère, méritera d’être condamné en jugement etc… »

Voilà, MBCF, un exposé autorisé énonçant les qualités chrétiennes. Exposé  autorisé ! Il émane tout de même de NSJC et de son premier pape, saint Pierre. Nous ne pouvons trouver plus haute autorité. Aussi dois-je considérer avec attention et sérieux, leurs conseils.
A la différence des païens, des agnostiques, des athées qui sont sans maîtres, qui refusent tout maître, qui refusent tout dogme, par crainte de perdre leur liberté, à la recherche qu’ils sont de toutes libertés, nous, nous avons un Maître, le Maître et nous scrutons sa pensée pour en avoir l’intelligence et en vivre.

Insistons en ce dimanche sur l’Epître de Saint Pierre.

C’est une magnifique méditation sur la morale baptismale, sur la « belle conduite » chrétienne.
Entre frères, d’un même baptême, et donc d’un même Dieu, il faut se manifester une belle conduite  qui s’exprimera en des formes les plus délicates.

Prêtez attention aux choix des mots !
Pour décrire cette belle conduite baptismale, Saint Pierre utilise d’abord cinq adjectifs composés. C’est le verset 8 de ce passage de l’Epître.
« Soyez tous unis dans la prière » avons-nous dit. En latin c’est mieux : « Omnes unanimes in oratione estote ». Le Père Spicq traduit : « Soyez de même mentalité » « unanimes »,
« compatissants », « compatientes »,
« vous aimant comme des frères » « fraternels », « fraternitatis amatores »
« miséricordieux », le père Spicq traduit « misericordes » par: « maternellement tendres ».
« humbles d’esprit » « modestes », «  humiles ».

Voilà  donc une belle description du chrétien… Cinq adjectifs qui prescrivent l’union des cœurs, puis deux verbes au participe présent qui obligent à pardonner les offenses, les injures : « reddentes et benedicentes » « Non reddentes malum pro malo » « Ne rendez pas le mal pour le mal, l’injure pour l’injure », mais, au contraire, « bénissez, benedicentes » puisque c’est à cela que vous avez été appelé.
Et saint Pierre attire notre attention sur la raison de mener cette belle conduite de charité : la raison finale c’est le ciel à gagner : « Bénissez puisque c’est à cela que vous avez été appelés pour devenir héritier de la bénédiction ». « ut benedictionem hereditate possideatis”.

Examinons chaque qualité.

« Soyez tous de même mentalité » , « unanimes ».
C’est-à-dire, ayez tous une même intelligence, une même façon de sentir. Restez en harmonie. Ayez bonne entente qui vient nécessairement d’une foi identique, d’un désir de vivre dans la charité. Il faut le vouloir.  Les querelles pourraient naitre de l’origine humainement disparate de notre communauté. Mais parce que vivants d’une même foi, d’un même amour, nous avons des goûts identiques, des réactions analogues, même dans les domaines les plus contingents. Nous avons tous le même goût de l’autorité, le même goût de Dieu, de Notre Seigneur Jésus-Christ, de l’Evangile, le même amour  de la nature, la même attention au prochain, la même délicatesse, la même sensibilité à la souffrance, à la détresse, le même amour de la beauté, de la noblesse de cœur, de la grandeur d’âme, de la distinction,  le même respect des personnes, le même respect de la vie, de l’enfance, de la vieillesse, le même amour de la famille. Nous sommes, dans la foi en l’amour de Dieu, « unanimes ». Nous aimons la même liturgie, faite de noblesse, de dignité, de respect, de silence et d’adoration de Dieu. Nous aimons la même joie, simple, familiale. Nous mettons notre idéal dans les mêmes valeurs, non point les « valeurs républicaines » comme dit l’autre, mais les même valeurs que sont  les valeurs de travail, de dignité, de famille, d’amour des personnes constituées en dignité, le même amour des personnes consacrées, le même respect, la même déférence, l’amour de la même prière, du même culte, l’amour du grégorien, l’amour de notre Eglise, l’amour de cette église où il fait bon prier, « unanimes », l’amour de la famille à défendre contre ces vendus au démon qui font la guerre à la France.

Cette unanimité, qui est spontanée, doit être cependant  cultivée, recherchée. Elle fait parti des choses à désirer, à cultiver d’un commun accord.
Je dois méditer, je dois réfléchir à cette unanimité. Je dois la cultiver en famille, pour en vivre en famille, « en paroisse ». Cette « unanimité » à rechercher et à cultiver, c’est  la condamnation  des esprits géométriques qui rendent toute vie commune difficile, voire  impossible.

Voilà pour l’« Unanimes ». Maintenant le « Compatientes », « Compatissants ».

Par la compassion, on participe aux sentiments de son prochain. On fait siennes ses joies ou sa tristesse parce que la charité nous assimile à lui.
Comme le dit Saint Paul, « lorsqu’un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; qu’il soit à l’honneur, tous les membres s’en félicitent avec lui » (1 Cor 12 26)
Pour être tel, « compatissant », il suffit de contempler l’exemple donné par le Christ Seigneur. Quelle compassion ! Quelle attention à la souffrance d’autrui ! Quelle bonté ! Quel oubli de lui-même ! Quelle attention à la veuve sortant de la ville de Naïm conduisant, encore, son fils unique en terre ! Quelle attention à sa douleur. Il n’y résiste pas.  Et met sa puissance divine au service de son cœur compatissant : il lui redonne son fils.

Et la raison de cette compassion, c’est que nous avons même origine : « Nous avons Dieu pour Père » (I Pet 1 22)
La compassion « c’est une dilection vraie et réciproque que l’on éprouve entre membres d’une même famille (Spicq, l’Epître de Saint Pierre p. 126)

Et maintenant quelques mots sur  la miséricorde. « Misericordes », le Père Spicq traduit, dans son commentaire, « maternellement tendres ». C’est l’attitude de Dieu. C’est l’attitude du Christ. C’est avoir bon cœur. Plus encore, c’est avoir le cœur du Bon Samaritain, être compatissant. Etre touché par la misère du prochain.
Cette vertu suppose l’absence d’orgueil, l’absence de vanité…Vices qui replient le cœur sur soi, qui engendre l’égoïsme

D’où, enfin, la recommandation de l’humilité qui rend nécessairement patient et doux.

En ces cinq adjectifs composés, vous avez une belle description du cœur catholique : « unanimes, compatientes, amatores fraternitatis, misericordes, modesti humiles ».

Mais plus encore : « Ne rendez pas le mal pour le mal ni injure pour injure ». C’est du plus pur Evangile. NSJC a supprimé la loi du Talion. C’est son Sermon sur la Montagne. « On vous a dit œil pour œil, dent pour dent. Moi je vous dis », « ego autem dico vobis », « ne résistez pas au mal ». « Non resistere malo ».
C’est l’évangile de ce jour. D’où le précepte de Saint Pierre : « ne rendez pas le mal pour le mal, ni l’injure pour l’injure ».
Et pourquoi ? Parce que la charité, nous dit Saint Paul, « ne passe pas le mal en compte ». La charité ne « rumine » pas le mal (1 Cor 6 10)

Ce pardon, n’en doutons pas, est héroïque, il est cependant  la vocation propre des disciples de Jésus : « quia in hoc vocati estis ». « C’est à cela que vous avez été appelé ». Dire, souhaiter et faire du bien dans les conjonctures les plus ingrates : voilà l’idéal chrétien.

Et ce faisant, nous récolterons l’immense bénédiction de Dieu, la vie éternelle

Ainsi celui qui veut la vie éternelle doit faire le bien et se garder du mal.
J’en déduirais une loi : Il n’y aura pas de bonheur éternel sans agir vertueux.

Autrement dit : l’espérance de la béatitude, en ce monde commande un agir vertueux.

 

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